À l’ère du numérique, l’Intelligence artificielle (IA) s’impose comme une innovation majeure qui transforme radicalement nos sociétés, nos économies et nos modes de vie. Elle offre des possibilités inédites dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la gouvernance et du journalisme. Pourtant, derrière ces promesses, l’IA agit souvent comme un miroir déformant : elle reproduit, amplifie, voire légitime des inégalités profondément enracinées dans nos sociétés, en particulier celles basées sur le genre.
Dans des pays ouest africains comme le Burkina Faso, le Togo et le Bénin, où les femmes restent sous-représentées dans les espaces de pouvoir et les secteurs technologiques, les effets pervers de l’IA sont d’autant plus marqués. L’accès limité à l’éducation numérique, la surcharge du travail domestique non rémunéré, la pauvreté et les normes patriarcales freinent leur inclusion dans l’économie numérique. L’automatisation menace les emplois précaires qu’elles occupent, tandis que les biais algorithmiques renforcent leur invisibilisation et leur marginalisation.
Pire encore, l’IA facilite de nouvelles formes de violences numériques tel que le cyberharcèlement, la sextorsion, la manipulation d’images et de sons. Ce cours entend outiller les femmes journalistes pour identifier, analyser, dénoncer et déconstruire ces dynamiques, afin qu’elles deviennent des actrices incontournables d’un avenir numérique juste, inclusif et sensible au genre.